Toiture verte intensive ou extensive : atouts et contraintes

Les toitures vertes, autrement appelées verdurisées ou végétalisées, sont de plus en plus répandues en Belgique.
En Belgique, les obligations et les aides liées aux toitures vertes varient selon les régions et les communes. Dans certains cas, comme à Bruxelles, la végétalisation des toitures plates est obligatoire au-delà d’une certaine surface et peut nécessiter un permis d’urbanisme. Parallèlement, des subventions régionales et communales existent pour encourager leur installation, avec des montants variables selon le type de toiture et la superficie.
Dans ce guide, nous vous présentons les différents types de toitures vertes, leurs avantages et inconvénients, ainsi que les contraintes techniques auxquelles elles sont soumises.
Les principaux types de toitures vertes
On différencie les toitures vertes selon le type de végétation, l’étendue et la résistance du support toiture.
Toiture à végétation extensive
La végétation extensive est la plus répandue pour verduriser un toit plat existant.
Sur ce type de toiture, on plantera une végétation de petite taille telle que des plantes grasses, du sédum, des mousses, des lichens ou des graminées rases.
Ces plantes sont parfois disponibles dans des cassettes précultivées (de type Sedum StockDrain 80).
Cette végétation très basse convient particulièrement bien aux structures légères comme les carports, les abris de jardin, les garages ou les extensions.
Toiture à végétation semi-intensive
Autrement appelée toiture-jardin légère, la couverture semi-intensive se compose d’une végétation de taille moyenne telle que du gazon, des plantes à croissance lente, des graminées de taille moyenne et des arbustes à basse tige.
Ce type de toiture verte permet une plus grande variété de pelouses ou de couvre-sols, pour une esthétique plus variée et davantage de biodiversité.
Toiture à végétation intensive
On parle ici d’une véritable toiture-jardin sur laquelle on peut aisément se tenir et marcher. Grâce à son accessibilité, cette toiture verte est plus facile à entretenir.
On y disposera une végétation variée et comportant des éléments de hauteurs différentes tels des pelouses, des massifs divers et des arbustes.
Très variée, la végétation intensive accueille une grande biodiversité.
Il s’agit du type de toiture qui se rapproche le plus d’un jardin classique en pleine terre.
Principes de fonctionnement d’une toiture verte
Une toiture verte se compose de plusieurs couches.

Source : CSTC/Buildwise
Son bon fonctionnement repose principalement sur le système de drainage.
La nappe drainante évacue l’excès d’eau pluviale, retient l’eau nécessaire à l’hydratation des plantes (+/- 6L/m2) et protège mécaniquement la couche d’étanchéité contre le poinçonnement lors de la pose ou de l’entretien.
Les contraintes techniques inhérentes à chaque type de toiture verte
Chaque type de toiture plate verdurisée comporte une série de contraintes techniques à prendre en compte avant le début des travaux. Il faut dans tous les cas prévoir une légère pente vers les avaloirs.
Toiture à végétation extensive
- Épaisseur du substrat : 5 à 10 cm
- Poids en charge saturée d’humidité : 30 à 100kg/m2
- Épaisseur de la nappe drainante : ± 12 à 20 mm (de type RoofDrain ST12 ou DrainoTech G20)
- Rétention d’eau : environ 6L/m2
Toiture à végétation semi-intensive
- Épaisseur du substrat : 10 à 25 cm
- Poids en charge saturée d’humidité : 100 à 400 kg/m2
- Épaisseur de la nappe drainante : ± 12 à 20 mm (de type RoofDrain ST12 ou DrainoTech G20)
- Rétention d’eau : environ 6L/m2
Toiture à végétation intensive
- Épaisseur du substrat : 25 à 100 cm
- Poids en charge saturée d’humidité : > 400kg/m2
- Épaisseur de la nappe drainante : ± 12 mm (de type RoofDrainST12)
- Rétention d’eau : environ 6L/m2
Point d’attention : la membrane anti-racine
Il est toujours préférable de prévoir une membrane d’étanchéité anti-racine. De nombreuses membranes d’étanchéité sont déjà résistantes aux racines. A défaut, il convient de prévoir une membrane anti-racine complémentaire (de type RB Line).
Les plantes dont le système radiculaire peut s’avérer dangereux pour les membranes d’étanchéité sont, notamment :
- les arbres et arbustes à racines pivotantes puissantes tels que le chêne, le noyer, le marronnier, le buddleia, l’aubépine et le prunellier
- les plantes à rhizomes agressifs telles que le bambou, la renouée, le chiendent, le liseron, la ronce, le framboisier et, étonnamment, la menthe
- les plantes ligneuses réservées aux toitures à végétation intensive avec un substrat épais, telles que le saule, le peuplier, le pin ou le bouleau
- les plantes grimpantes à racines adhésives qui peuvent s’immiscer sous les protections, dans les joints ou les fissures, comme le lierre, la vigne vierge ou le houblon
Avantages et inconvénients des toitures vertes
Les toitures vertes offrent de nombreux avantages esthétiques, écologiques, mais aussi économiques. Elles ne présentent que peu d’inconvénients, mais plutôt des limitations en fonction du support-toiture et du budget disponible.
Gestion des eaux pluviales
La toiture verte optimise la gestion de l’eau en réduisant à la fois le volume total d’eau pluviale rejetée et le débit de pointe des averses. Ce double effet allège la charge du réseau d’égouttage et diminue la fréquence des inondations dans les zones vulnérables.
Amélioration du cadre de vie et de la biodiversité
Les toitures vertes contribuent à la qualité de vie en apportant une dimension esthétique et naturelle, notamment dans les zones urbaines pauvres en espaces verts. Elles améliorent aussi la qualité de l’air en filtrant les polluants, en restituant de l’humidité et en régulant la température. De plus, elles favorisent la biodiversité animale comme végétale, et contrebalancent les effets négatifs de l’urbanisation sur les espèces locales.
Les toitures vertes apportent également une plus-value en termes d’isolation thermique et acoustique.
Isolation thermique
En été, la toiture verdurisée réduit significativement la surchauffe du bâtiment grâce à :
- l’évapotranspiration des plantes, qui produit un effet de refroidissement
- l’ombre créée par les plantes, qui réduit la quantité de rayonnement solaire que la toiture doit absorber
- l’inertie thermique du substrat et du complexe végétal
En hiver, l’apport d’isolation thermique dépend du type de toiture.
Les toitures à végétation extensive offrent un faible apport d’isolation thermique en raison de leurs couches minces et de leur forte teneur en eau, qui limite leur pouvoir isolant.
A l’inverse, les toitures à végétation intensive, plus épaisses, possèdent une inertie thermique suffisante pour atténuer les pics de consommation énergétique du bâtiment.
Isolation acoustique
Par leur masse et leur structure, le substrat et la végétation des toitures vertes absorbent une partie importante des bruits extérieurs (bruits de pluie et bruits urbains et aériens), grâce au principe masse/ressort/masse.
Protection et durabilité de la membrane d’étanchéité
La toiture verte protège la membrane d’étanchéité contre les rayons UV, la grêle et la dilatation causée par les variations brusques de température. Sa durée de vie s’en trouve ainsi prolongée.
Résumé des atouts et des limites par types de toiture verte
Toiture à végétation extensive
- Faible coût, poids réduit, peu d’entretien, convient bien aux structures de toitures légères
- Biodiversité limitée, peu praticable
Toiture à végétation semi-intensive
- Plus esthétique, davantage de variété végétale, meilleure biodiversité
- Poids plus élevé, entretien modéré, coût intermédiaire, renfort structurel parfois nécessaire
Toiture à végétation intensive
- Jardin complet et très varié, espace récréatif, possibilités esthétiques étendues, forte biodiversité
- Poids élevé (la structure portante doit pouvoir supporter cette charge), plus coûteux, entretien important, construction neuve ou renfort structurel obligatoire
Pour conclure : s’adapter aux différentes contraintes
Comment choisir sa toiture verte en fonction des différentes contraintes telles que la structure porteuse et l’accessibilité ?
Pour un toit existant sur une structure légère et avec un budget limité, on optera pour une toiture à végétation extensive.
Sur un toit reposant sur une structure solide ou renforcée, avec un budget intermédiaire et un désir de variété végétale, on privilégiera une toiture à végétation semi-intensive.
En cas de construction neuve et sur une structure prévue pour une toiture-jardin, avec un budget plus conséquent et des aspirations esthétiques et écologiques élevées, la toiture à végétation intensive s’imposera comme le meilleur choix.

