Parking engazonné : guide d’installation

Le parking engazonné s’impose aujourd’hui comme une solution durable pour les collectivités et les entreprises soucieuses des enjeux environnementaux et désireuses de répondre aux exigences croissantes en matière d’infiltration des eaux pluviales.
Grâce à l’utilisation de dalles engazonnées, ce type de parking permet une infiltration naturelle des eaux pluviales dans le sol, réduit le ruissellement et contribue à limiter la surcharge des réseaux d’égout.
De plus en plus de réglementations locales encouragent ou imposent l’aménagement de parkings végétalisés. En effet, ces derniers favorisent la gestion durable de l’eau, améliorent l’intégration paysagère et augmentent le pourcentage de zones perméables exigé dans les projets d’urbanisation.
En plus de ses qualités écologiques, un parking végétalisé offre une valeur ajoutée esthétique indéniable tant il s’intègre harmonieusement dans l’environnement.
A l’évidence, un parking engazonné recèle bien des avantages qui sauront séduire les architectes et les maîtres d’œuvre. Cependant, sa mise en œuvre doit tenir compte de plusieurs règles et contraintes que nous vous présentons dans ce guide.
Facteurs à prendre en compte avant d’installer un parking engazonné
Avant d’entamer les travaux d’installation d’un stationnement végétalisé, il est important de bien évaluer les conditions d’usage et les contraintes du terrain afin de choisir le type de dalles le plus adapté. Il serait erroné de le concevoir comme un simple gazon renforcé. Il s’agit d’un système complet associant structure drainante, dalles stabilisatrices et végétalisation.
Un parking engazonné présente de nombreux avantages
- économiques : les matériaux utilisés pour les dalles gazon (principalement des matières plastiques recyclées) sont relativement abordables, et leur mise en œuvre est rapide et économique. Quant à l’entretien du gazon, contrairement aux idées reçues, il reste peu coûteux comparé à la réfection d’un revêtement imperméable ;
- esthétiques : son aspect naturel permet une parfaite intégration dans le paysage;
- écologiques : contrairement au béton ou à l’asphalte, le sol végétalisé favorise l’infiltration des eaux pluviales et limite les risques d’inondation. Le substrat peut filtrer certains polluants grâce à la biodégradation, efficacité qui peut être renforcée par l’utilisation d’un géotextile antipollution. L’herbe contribue à absorber le CO₂ et à le convertir en oxygène, tandis que l’évaporation de l’eau stockée dans le sol aide à réduire les îlots de chaleur urbains.
Il est également soumis à quelques limitations.
- La topographie du terrain : un sol trop pentu ou irrégulier risque de compromettre la stabilité des dalles et favorise le ruissellement.
- L’entretien : tonte, arrosage, démoussage et éventuellement regarnissage du gazon sont indispensables pour conserver un aspect homogène et une bonne portance. L’entretien d’un parking engazonné reste toutefois relativement limité comparé à d’autres solutions infiltrantes.
- L’accessibilité : les parkings engazonnés ne présentent pas toujours une planéité suffisante pour que les personnes à mobilité réduite puissent y circuler.
Enfin, l’installation d’un parking végétalisé est soumise à des contraintes techniques telles que
- la préparation du sol ;
- le drainage ;
- le choix des dalles adaptées à l’usage prévu.
Préparation du sol
Il est recommandé d’effectuer une étude géotechnique préalable afin d’évaluer la portance naturelle du sol, sa perméabilité et son comportement face à l’eau. Cette étape détermine la profondeur du décaissement et le type de matériaux à utiliser pour le lit porteur.

Le décaissement du terrain s’effectue généralement sur une profondeur de 30 à 70 cm, en fonction du poids des véhicules appelés à circuler ou stationner sur la surface.
On pose ensuite une membrane géotextile non tissée et drainante de type Fibertex, perméable et permettant une meilleure répartition des charges.
S’ensuit la mise en place d’un lit porteur perméable et compacté, constitué d’un matériau minéral drainant (concassé, gravier ou pierrailles) d’une granulométrie de 0/32, sur une épaisseur de 20 à 60 cm, selon la nature du sol et l’usage du parking.
Sur ce lit porteur, on installe enfin un lit de pose compacté d’environ 3 à 5 cm d’épaisseur, réalisé en gravier fin ou en lave concassée (granulométrie 2/7). Ce lit de pose facilite la pose des dalles gazon en stabilisant et en nivelant le sol. Il permet de répartir uniformément les charges et d’éviter les affaissements ou déformations des dalles au fil du temps. Il contribue également à maintenir le pouvoir drainant du sol.
Drainage et perméabilité du parking engazonné
L’un des principaux atouts du parking engazonné est sa capacité à laisser les eaux de pluie pénétrer dans le sol. Les dalles gazon alvéolées contribuent directement à cette perméabilité : elles laissent circuler l’eau à travers les alvéoles et favorisent son absorption progressive dans le sol.

En alternative à un géotextile de fond de coffre classique, il est possible d’opter pour un géotextile dépolluant (de type EnviTex Oil 4). Ce matériau innovant capture les hydrocarbures éventuels dans les eaux de ruissellement et les dégrade naturellement en stimulant la croissance des micro-organismes natifs du milieu. Ce dispositif est particulièrement intéressant pour les parkings recevant un trafic motorisé intensif, car il participe activement à la préservation de la qualité des eaux souterraines, notamment des nappes phréatiques.
Choix des dalles gazon alvéolées

Les dalles gazon stabilisatrices constituent la clé du parking végétalisé. Leur rôle est de répartir les charges des véhicules tout en préservant la structure du sol. Elles sont généralement produites en deux types de matériaux.
- Dalles en béton : très résistantes à la compression, elles conviennent aux parkings publics ou aux zones à forte sollicitation mécanique. Leur poids rend toutefois la pose plus contraignante, et leur bilan carbone est moins favorable que celui des dalles en plastique recyclé.
- Dalles en plastique recyclé (polyéthylène ou polypropylène) : légères, faciles à poser et résistantes, elles sont désormais les plus couramment utilisées. Les dalles en polyéthylène (PE) sont préférables à celles en polypropylène car elles résistent mieux au gel et à la casse. Des modèles tels que XtraDal 40, TrafiDal 50, PaveGrid 60 ou GeoDal 50 offrent une résistance à la compression de 150 à 500 tonnes par mètre carré.
Le choix du type de dalle gazon dépendra donc
- du niveau de trafic (occasionnel, régulier, poids lourds) ainsi que de l’intensité des manœuvres (rotation des pneus) qui y seront effectuées.
- de l’aspect esthétique recherché (forme des alvéoles, épaisseur des parois, couleur) et du type de remplissage : gazon uniquement ou remplissage divers (gazon, gravier ou pavés) pour délimiter certaines zones.
- de la qualité et de la durabilité recherchées. Opter pour des dalles inadéquates peut entraîner des coûts supplémentaires. La qualité des matériaux, la structure des dalles et les systèmes d’emboîtement sont essentiels pour leur performance à long terme. Les dalles doivent également résister aux UV et au gel pour maintenir leurs propriétés en toutes conditions climatiques.
Pose des dalles gazon
Les dalles gazon sont placées sur le lit de pose, en respectant certaines règles.
- Les joints de dilatation : il faut prévoir un espace de 5 cm entre les bordures et les dalles. En fonction du type de dalles, il peut être nécessaire de prévoir des joints intermédiaires de 2 à 3 cm tous les 5 mètres pour éviter tout soulèvement lié à la dilatation thermique.
- Selon la fréquentation du parking, on utilisera des modèles de dalles tels que XtraDal 40, GeoDal 50, TrafiDal 50 ou PaveGrid 60. Ces deux derniers modèles sont conçus pour supporter de fortes charges et une sollicitation intensive.
- Les alvéoles des dalles sont remplies avec un mélange de substrat et de semences de gazon, à ras du bord supérieur, sans compacter. Le substrat se tassera naturellement d’environ 0,5 cm en dessous du niveau de la dalle, ce qui laissera l’espace nécessaire à la croissance du gazon et évitera que les pneus des véhicules n’écrasent sa base.
- La pente maximale d’un parking engazonné ou d’une voie d’accès ne doit pas dépasser 5 % afin d’éviter les risques d’érosion ou de glissement des dalles.
Le parking engazonné : une solution durable et esthétique
Installer un parking engazonné représente une excellente manière d’allier économie, fonctionnalité, esthétique et respect de l’environnement. Cette solution offre un compromis idéal entre espace de stationnement et surface végétalisée. Un tel espace de stationnement verdurisé contribue à la gestion durable des eaux pluviales et à la réduction de l’empreinte écologique des aménagements de voirie.
Toutefois, pour garantir la longévité du parking engazonné, il est essentiel de respecter les étapes techniques : préparation du sol, fondation drainante, pose adaptée des dalles et choix d’un mélange gazon-substrat adéquat. Bien conçu et bien entretenu, le parking végétalisé peut durer de nombreuses années. Il constitue un véritable atout pour le cadre de vie et la biodiversité locale.

